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Perplexity lance un programme de 42,5 M$ pour rémunérer les éditeurs : 80 % des revenus reversés

25 août 2025 2 min de lecture Paul Forcadel
Perplexity lance un programme de 42,5 M$ pour rémunérer les éditeurs : 80 % des revenus reversés

L'IA qui paie ses sources

Perplexity AI a lancé un programme de partage de revenus de 42,5 millions de dollars destiné aux éditeurs dont le contenu alimente ses réponses. Le Publishers Program, adossé à l'abonnement Comet Plus (5 $/mois), reverse 80 % des revenus aux éditeurs partenaires — Perplexity ne conservant que 20 % pour couvrir ses coûts de calcul et d'infrastructure.

Comme l'explique le CEO Aravind Srinivas : « L'IA contribue à créer un meilleur internet, mais les éditeurs doivent être rémunérés. » Un discours qui tranche avec les pratiques habituelles du secteur, où les plateformes IA exploitent massivement le contenu web sans contrepartie.

Trois types de revenus

Le programme rémunère les éditeurs sur trois catégories d'utilisation distinctes :

  • Trafic humain : visites directes vers les sites éditeurs via le navigateur Comet
  • Trafic indexé : contenu cité ou synthétisé dans les réponses de recherche Perplexity
  • Trafic agent : contenu utilisé par l'assistant IA de Comet pour accomplir des tâches

Chaque catégorie bénéficie d'une pondération différente, avec des accords adaptés à chaque éditeur. Les premiers chèques ont déjà été distribués, et Jessica Chan, responsable des partenariats éditeurs, estime que certains partenaires pourraient gagner « des millions » via ce programme.

Des partenaires de poids

Le programme a démarré avec TIME, Der Spiegel, Fortune, Entrepreneur et The Texas Tribune, puis s'est élargi à 15 nouveaux médias incluant ADWEEK, The Independent, Gannett, Los Angeles Times et RTL Germany. Le Monde a également signé un accord de partage de revenus en mai 2025.

Au-delà des revenus, les partenaires bénéficient d'un accès gratuit aux API Perplexity pour créer leurs propres moteurs de réponses, d'un abonnement Enterprise Pro d'un an pour tous leurs employés, et d'analytics détaillés via ScalePost.ai sur la citation de leur contenu.

Un contexte juridique tendu

Ce programme n'émerge pas dans un vide. News Corp a poursuivi Perplexity pour violation de copyright en 2024, et des accusations de plagiat ont été formulées par Condé Nast et Forbes. Le Publishers Program est présenté comme un moyen d'« aligner les incitations » plutôt qu'une réponse directe à la pression juridique.

Le modèle s'inscrit dans une tendance plus large : OpenAI a signé avec News Corp, Amazon avec le New York Times. La question n'est plus de savoir si les plateformes IA doivent payer les éditeurs, mais comment structurer ces paiements de manière pérenne.

Un modèle à surveiller

Avec 350 millions de requêtes mensuelles en septembre 2024 et une croissance rapide, Perplexity dispose de l'échelle nécessaire pour que ce modèle fonctionne. Si les 42,5 millions de dollars de la phase 1 ne résoudront pas les problèmes structurels de l'industrie médiatique, ils posent les bases d'un template reproductible. Le succès dépendra de la capacité du programme à générer des revenus significatifs pour les éditeurs — et à convaincre les sceptiques que l'IA peut être un partenaire plutôt qu'un prédateur.

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Questions fréquentes

Les éditeurs partenaires reçoivent 80 % des revenus générés par Comet Plus (5 $/mois) quand leur contenu est visité directement, cité dans les réponses de recherche, ou utilisé par l'assistant IA. Perplexity conserve les 20 % restants.
Perplexity a alloué 42,5 millions de dollars pour la première phase du programme. Les éditeurs reçoivent 80 % des revenus d'abonnement Comet Plus, et certains partenaires pourraient gagner plusieurs millions selon Perplexity.
TIME, Der Spiegel, Fortune, The Independent, Los Angeles Times, Gannett, ADWEEK, RTL Germany et Le Monde font partie des partenaires. Le programme s'est élargi à plus de 15 médias depuis son lancement.
C'est un premier pas. Le programme répond aux accusations de plagiat (News Corp, Condé Nast, Forbes) en proposant un modèle de rémunération. Mais les 42,5 M$ ne résolvent pas les problèmes structurels de l'industrie. Le modèle doit prouver sa viabilité à long terme.

Sources

Références et articles originaux

Rédigé par

Paul Forcadel

Paul Forcadel

Fondateur & Rédacteur en chef

Passionné de SEO, Paul décrypte les dernières évolutions des moteurs de recherche et du référencement naturel.

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